International Association of Libraries and Museums of the Performing Arts

Société Internationale des Bibliothèques et des Musées des Arts du Spectacle

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La documentation cinématographique serbe

Slobodan A. Jovanovic

La documentation au service de la diffusion culturelle des arts du spectacle, plus particulièrement en Amérique du Sud, en Afrique, en Moyen Orient et en Extrême Orient

Documentation in the Service of the Cultural Diffusion of the Performing Arts, especially in South America, Africa, the Middle East and the Far East

XIIIèeme Congrès international / XIIIth International Congress

Seminaris i Congressos

Barcelona 1978, pp. 34-36

La documentation cinématographique Serbe fait partie de la documentation cinématographique yougoslave. C'est pourquoi elle n'existe pas à part, mais fait partie de la cinémathèque yougoslave qui est chargée de la documentation cinématographique yougoslave. Par conséquent celui qui veut étudier la documentation cinématographique de l'une des républiques ou de l'une des nationalités yougoslaves, doit s'adresser à cette institution.

Elle fut fondée par le Comité pour la cinématographie du Gouvernement de la République Fédérale Populaire de Yougoslavie en 1949. Treize ans plus tard, en 1962, ce fut l'Assemblée de la ville de Belgrade qui prit les droits et les tâches du fondateur de cette institution.

Tout en ayant pour siège la ville de Belgrade, la cinémathèque dispose de plusieurs salles et agences dans l'intérieur du pays, notamment à Zagreb, Ljubljana et Sarajevo.

Considérée comme une institution de grande importance sociale, la cinémathèque est chargée de nombreuses tâches.

Avant tout, elle est le centre national qui s'occupe de l'acquisition et de la conservation du matériel cinématographique ayant un intérêt spécial et historique. Elle doit, ensuite, mettre ce matériel à la disposition des institutions culturelles et scientifiques, des organisations des travailleurs et des personnes privées - à condition qu'elles poursuivent un but scientifique, culturel, enseignant ou pédagogique. Elle a aussi pour devoir de mettre ses fonds à la disposition des producteurs nationaux de films artistiques, scientifiques et pédagogiques.

La cinémathèque s'occupe ensuite de l'acquisition de toutes sortes de publications indispensables pour le travail cinématographique. Elle s'occupe aussi de l'organisation d'expositions et de manifestations cinématographiques, aussi. bien en Yougoslavie qu'à l'étranger.

La cinémathèque fait partie de la FIAT, de la communauté des archives de Serbie; elle collabore avec toutes les cinémathèques étrangères.

Elle est composée de trois sections : l'archive cinématographique, la propagande de la culture cinématographique et les travaux d'intérêt général et commun.

La plus importante est la première. Elle comprend tout le fond cinématographique, la bibliothèque, la documentation photografique et les objets concernant l'histoire de la cinématographie.

La cinémathèque n'est pas spécialement riche: elle ne comprend que 35.000 oeuvres dont la majorité est d'origine étrangère. à ce chiffre il faut ajouter à peu près 200.000 photographies. La mémathèque s'enrichit annuellement de 500 titres.

L'acquisition se fait de deux façons: les producteurs yougoslaves transmettent directement leurs travaux: pour l'étranger, l'acquittait ion se fait par la voie des échanges.

De 35.000 acquisitions, les trois septièmes sont yougoslaves, dont la majorité est serbe.

Limités par le temps, nous ne signalerons que quelques dates et quelques oeuvres ayant un intérêt historique ou artistique.

Avant tout, l'année 1896. Le 7 juin de cette année-là, Belgrade a vu la première représentation cinématographique. Ce fut une série de cinq films: L'entrée du train dans la gare, Le petit déjeuner de bébé, La démolition du mur, Le bain et Le marché à Marseille- Tous ces films proviennent des Frères Lumière.

L'année suivante les Belgradois ont vu le premier film sur leur propre ville: L'arrêt du tramway à Terazije et La sortie des ouviers de l'usine de tabac, réalisés par l'équipe des Frères Lumiére.

Trois ans plus tard, un yougoslave, Aleksandar Lifka, s'est mis à réaliser le premier film et à organiser un cinéma ambulant grec lequel il parcourra toute l'Europe.

En 1904, le consul honoraire serbe de Sheffield, filme Le cowonnement du roi Pierre I de Serbie.

Trois ans plus tard, les premières salles cinématographiques furent ouvertes à Beograd.

En 1909, Ernest Bosnjak tourne un reportage intitulé Dues le pays de Terpsi-hore.

Deux ans plus tard à Belgrade ont été produits les deux premiers films yougoslaves : La vie et l'oeuvre de l'immortel Karageorges et Urlich de Celje et Vladislav Hunjadi.

L'année suivante Bosnjak fait un reportage à l'occasion de' 1 l'inauguration du monument érigé en l'honneur de Ferenc Rakoszy; il emploie sa caméra horizontalement et verticalement. La même année, qui fut l'année des guerres balkaniques, Slavko Jovanovic filme L'arrivée des premiers blessés serbes et L'arrivée des premiers prisonsers turcs. Le même Jovanovic filme l'année suivante Le retour des vinqueurs serbes.

En 1915, la défense héroique de Belgrade fut aussi enregistrée.

Après la première guerre mondiale, en 1920, fut crée la première société anonyme pour la production cinématographique. La même année a été publiée dans un journal la première critique cinématographique. Trois ans plus tard, en 1924, fut organisé le premier club des amateurs du film. En 1929 a été fondée la première école cinématographique. Le premier film parlant yougoslave a vu le jour en 1930. La même année a paru le premier film yougoslave en couleur. En 1931 fut promulguée la loi qui normalisait la distribution des films. Le' bilan cinématographique de l'année suivante fut: 326 films, dont 27 parlants. Cette même année, un film yougoslave réalisé par les amateurs obtint le troisième prix du festival de Berlin. La première synchronisation a vu le jour en 1933. Et ainsi jusqu'en 1941, année ou Miodrag Djodjevic s'est mis à produire le premier film parlant yougoslave.

Je ne vous ai cité que les évenements de la période héroïque de la cinématographie serbe. Je pourrais continuer. Mais ce serait un effort assez vain. Car -tout le monde le sait - après la seconde guerre mondiale, la cinématographie serbe comme la yougoslave a' eu un essor remarquable. Le nombre de films dans tous les domaines est grand. Et il l'est de plus en plus. L'importance du septième art a été fort bien comprise par les dirigeants du pays aussi bien que par le grand public. La preuve en est justement la création de ce centre de documentation.

Aujourd'hui il occupe un bâtiment moderne, bien équipé, avec un personnel qualifié, permettant aux chercheurs un travail solide et approfondi,


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