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La place des musées des arts du spectacle dans la culture contemporaineNina
V. Mintz
La documentation au service de la diffusion culturelle des arts du spectacle, plus particulièrement en Amérique du Sud, en Afrique, en Moyen Orient et en Extrême OrientDocumentation in the Service of the Cultural Diffusion of the Performing Arts, especially in South America, Africa, the Middle East and the Far EastXIIIèeme Congrès international / XIIIth International Congress Seminaris i Congressos Barcelona 1978, pp. 40-50Notre
génération est témoin de prodigieux changements
qui s'accomplissent dans toutes
les sphères de la culture contemporaine. Au
cours des dernières décennies, suite au
développement impétueux de la
technique, des domaines nouveaux de la culture artistique ont surgi,
envahissant nos foyers et modifiant non seulement nos habitudes, mais
aussi les
normes même de notre vie. Nous
pouvons maintenant profiter isolément de tous les bienfaits de
la culture
contemporaine : les livres, les revues édités en
quantités toujours
grandissantes, les émissions télévisées
nous permettent de suivre les
événements dans le monde. Avec la radio, les disques, les
bandes magnétiques,
nous pouvons goûter une bonne musique sans quitter notre maison.
Et nous voyons
souvent même les films sur les écrans de la
télévision. Tout
cela a changé les conditions même de la perception par
l'homme des acquis de la
culture contemporaine. Nous voyons disparaître de plus en plus
les formes
collectives de perception de la culture. Ces
conditions nouvelles de jouissance des acquis de la culture se
sont-elles
répercutées sur les musées? Nous ne pouvons pas
voir des collections de musées
à la télévision, malgré que souvent dans
les programmes des émissions nous
sommes conviés à voir telle exposition ou telle
collection nouvelle. Mais on
oublie que le spectateur se voit frustré de ce qui constitue le
but même de
l'exposition le contact avec l'objet véritable pour lequel on
vient au musée. Que
deviennent donc les musées dans les conditions actuelles?
Comment ces
conditions nouvelles se répercuteront-elles sur leur
fonctionnement,
l'existence même des musées n'en serait-elle pas mise en
cause? Quel sera le
rôle des musées dans la société de demain?
Toutes ces questions se posent aux
travailleurs des musées et suscitent leurs discussions
animées. Comme
vous le savez, les muséologues les plus marquants n'ont qu'une
réponse, claire
et nette, à toutes ces questions : les musées garderont
sans conteste leur
place dans la culture de la société future. De même
que maintenant, ils auront
pour fonction le rassemblement, la conservation et la propagation
d'objets
authentiques, de témoignages de l'histoire, de la culture et de
l'art, des
sources de nos connaissances de la nature et de la
société. Mais alors que
précédemment, au début de notre siècle, les
musées étaient surtout
collectionneurs et dépositaires de ces témoignages,
à présent - et dans mon
pays cela se produit nécessairement et partout - ils sont
devenus d'actifs
propagandistes de leurs collections qui leur servent de base dans leurs
activités éducatrices les plus diverses. Avec le
temps, on verra se multiplier les tirages des copies d'oeuvres de la
culture
artistique (oeuvres d'arts plastiques, livres, musique, films). Et en
contrepartie, à mon avis, l'intérêt grandira pour
les originaux conservés dans
les musées, qui exerceront une attraction grandissante, et qui
inspireront le
désir de les connaître, d'éprouver l'émotion
que procure le contact avec eux.
Ce processus se fait déjà nettement sentir. Nous
assistons à un accroissement
énorme de l'intérêt pour les trésors des
musées. Ce phénomène est même
désigné
par un terme spécial -une explosion de l'intérêt
pour les musées - qui
s'exprime par une curiosité fortement accrue pour les
musées, par un taux de
leur fréquentation hardiment ascendant. Cet intérêt
est révélateur de causes
nombreuses. Mais je tiens à en dégager ici. une seule,
celle qui me paraît la
principale: l'intérêt pour l'objet original, pour une
rareté que l'on peut voir
seulement au musée. Dans notre siècle de
succédanés, de processus grandissant
des tirages massifs des oeuvres d'art, l'intérêt pour les
objets originaux,
authentiques, apparaît comme une protestation, en quelque sorte.
Et cet intérêt
ira grandissant. Il
convient aussi de mentionner une autre caractéristique
importante des musées -
l'universalité de leur langage, accessible dans une égale
mesure à tous les
peuples du globe. Les objets concrets d'un rassemblement de
musée le rendent
international, compréhensible et accessible au visiteur de
n'importe quel pays.
Une présentation d'objets authentiques se passe de traduction
pour celui qui la
regarde. Ce qui importe, c'est que les objets soient
intéressants. En ce
qui concerne la perception collective d'une présentation, elle
est aujourd'hui
le grand avantage des musées. Ce qui
vient d'être dit concerne les musées en
général. Mais les musées des arts du
spectacle se situent à part. Il se peut que ce qui soit vrai
pour les musées
d'un autre style ne leur soir pas appliquable. Les fonds des
musées des arts du
spectacle sont surtout constitués d'objets qui possèdent
moins une importance
intrinsèque qu'associative. L'épée avec laquelle
Henry Irving jouait Macbeth ou
la robe de chambre que portait Stanislavsky dans le rôle de
Famoussov sont
appréciées par les visiteurs non pour elles-mêmes,
mais entant
qu'objets associés au nom de l'acteur, du metteur en
scène ou aux événements de
l'histoire du théâtre d'un pays et d'une époque
déterminés. Sans
doute les musées des arts du spectacle doivent-ils être
considérés non pas
isolément, mais en association avec les faits de l'histoire du
théâtre. Peut-on
parler de la signification intrinsèque, indépendante du
théâtre, d'un musée des
arts du spectacle de la culture contemporaine? Certainement pas. Ils
sont
interdépendants. Ce qui concerne directement la question de la
place du théâtre
parmi les autres arts, surtout étant donnée la vaste
popularité connue par le
cinéma et la télévision comparativement au
théâtre. Le cinéma et la télévision
peuvent-ils se substituer au théâtre? Ils semblent bien
avoir sur le théâtre
cet énorme avantage d'être massifs, de pouvoir s'adresser
à un auditoire se
comptant par millions. Les sociologues ont calculé qu'une seule
émission
télévisée réunit un auditoire que le
théâtre mettrait plusieurs décennies à
rassembler. Mais est-ce à dire que le théâtre ne
peut déjà plus concurrencer la
télévision et le cinéma? Cette question a
donné lieu à de nombreuses
discussions en ces dernières années. Un
réalisateur-cinéaste soviétique bien
connu -Mikhail Romm, par exemple, avait assuré,
déjà dans les années 50, que le
théâtre ne tarderait pas à disparaître,
n'ayant pas résisté à la concurrence
avec le cinéma. Cependant, plus de vingt ans sont passés
depuis, et le théâtre
n'est pas mort, et les propos de Mikhail Romm font maintenant sourire. Je suis
parmi ceux qui affirment que le théâtre ne mourra pas. Il
ne mourra pas même
s'il s'adresse à un auditoire microscopique par rapport à
celui du cinéma ou de
la télévision. Nous
savons que les spectacles de Grotowski réunissaient tout au plus
une trentaine
de spectateurs, mais qui étaient comme fascinés par la
scène. Pourquoi cela? Il
existe, à mon avis, une analogie entre le théâtre
et les musées. Les visiteurs
viennent aux musées pour le contact avec un objet
véritable, concret; le public
va au théâtre pour contacter un acteur vivant. Ce contact
est le trait
remarquable particulier au théâtre en tant que genre d'art
et qui le fera
survivre parmi les autres genres d'arts contemporains. Un même
contact fait que le musée des arts du spectacle constitue une
partie actuelle
de toute la vie culturelle de la société. Chaque
spectacle ayant le pouvoir de provoquer les réactions du public,
le théâtre est
conscient des moindres nuances des tendances sociales de son temps, et
ce
pouvoir est inaccessible dans une telle mesure aux autres genres de
l'art.
Voilà pourquoi le théâtre se trouve toujours au
diapason des idées sociales et
esthétiques de son temps. C'est
ce qui explique sans doute les raisons d'une transformation
relativement rapide
des styles théâtraux qui se succèdent aujourd'hui
les uns aux autres encore
plus rapidement que les styles du cinéma en voie de
développement impétueux. Nous
parlons du réalisme des grands acteurs, mais en même temps
nous nous rendons
parfaitement compte de ce que le réalisme de Garrick
n'était pas du tout celui
de Henry Irving et, de notre temps, celui de Guilgoud ou de Laurence
Olivier. Je
comprends Peter Brook qui estime que les styles théâtraux
changent très
rapidement. Dans son livre L'espace vide il a même cité un
chiffre - le style
scénique subit des changements tous les 5 ans, estime Peter
Brook. Je n'irai
pas jusqu'à indiquer des chiffres précis, mais
l'idée même me semble juste. Si nous
prenons des exemples dans l'histoire du théâtre russe et
si nous pensons à Maria
Ermolova, notre grande actrice réaliste de la fin du xixe et du
début du xxe
siècle (Stanislavsky la nommait parmi ceux qui lui apprirent son
art de révéler
de la scène la vérité psychologique du rôle,
la vérité des sentiments) et si
nous écoutons le disque avec l'enregistrement du monologue de
Jeanne d'Arc
interprété par Ermolova -un de ses meilleurs rôles,
nous constaterons que le
style du réalisme scénique est passé d'Ermolova
à des artistes tels que
Katchalov, Stanislavsky ou Ostoujev, c'est à dire qu'il a
parcouru un très
grand chemin relativement en peu de temps. Le musée nous aide
à prendre
conscience de la distance franchie par l'art du théâtre.
L'une de ses tâches
consiste à nous faire comprendre l'évolution accomplie
par le théâtre dans le
temps. Le musée fait cela avec l'aide de documents authentiques
réunis dans ses
fonds. Tout ce
qui a trait au collectionnement, à la conservation, à la
popularisation et à la
propagation des documents authentiques sur le théâtre
contemporain est fonction
du musée grâce à laquelle le théâtre
conserve son histoire. Aucune autre
institution ne peut s'en acquitter aussi complètement. Mais dans
quelle mesure
cela est-il réalisable pour les musées des arts du
spectacle? Pour
répondre à cela, il faut rappeler que le
théâtre ne laisse pas de témoignages
achevés, quelque banale que soit cette vérité.
Nous pouvons juger de l'histoire
révolue du théâtre seulement par les souvenirs des
contemporains et par les
documents ayant survécu. souvenirs, de sa situation
dans la société, de son attitude à l'égard
du
théâtre, de sa connaissance des faits, de beaucoup
d'autres facteurs. Les
documents authentiques, eux, sont toujours objectifs. Ils
reflètent les faits
tels qu'ils étaient. Mais ils ne peuvent pas refléter
l'attitude des
contemporains envers ces faits, ni l'écho suscité par tel
spectacle, car c'est
au nom de cet écho justement que le spectacle était
monté. Il appartient aux
expositions des musées d'en faire part. C'est pourquoi, en
faisant appel aux
originaux, les créateurs de présentations des collections
dans les musées ne
doivent pas s'en tenir seulement à la présentation des
fons de musées. Ils ont
pour tâche essentielle d'inspirer notre comportement vis à
vis de ces objets. Par ce
fait même, nous qui travaillons dans les musées à
collectionner et à conserver
les documents authentiques de l'histoire d'un art aussi peu fait pour
être
consigné dans un document qu'est le théâtre, nous
assumons une grande
responsabilité à l'égard de notre époque et
à l'égard de la société future,
laquelle, grâce aux originaux par nous réunis, pourra
juger de notre théâtre,
des gens de théâtre, des idées de ce
théâtre, de son style et, par extension,
de l'art de notre époque. Les
originaux réunis dans les musées des arts du spectacle
sont, en somme, d'une
nature assez homogène. Leur sélection donne lieu
déjà à une certaine
standardisation. Cette sélection se formait depuis des
années, depuis que l'on
s'intéresse au collectionnement dans les arts du spectacle,
longtemps avant
l'apparition de musées d'art théâtral dans
différents pays. Je vais énumérer
les objets que l'on rencontre le plus souvent dans les fonds des
musées :
portraits (maintenant - photographies) d'acteurs dans des rôles,
photographies de
réalisations scéniques des spectacles, esquisses de
décors créés par des
scénographes, costumes et accessoires scéniques des
acteurs, affiches et
programmes, certains autres objets. Sans
conteste, tous ces documents authentiques de l'histoire du
théâtre possèdent
une grande valeur pour l'histoire de la culture et du
théâtre, surtout s'ils
sont associés au nom d'un grand acteur ou à un
événement marquant dans
l'histoire du théâtre. Cependant ils permettent de
reconstituer seulement
l'aspect extérieur d'un spectacle qui «donne à
voir». Ils sont plus révélateurs
du maquillage et des costumes des acteurs, de la solution artistique du
spectacle dans ses dimensions et ses couleurs. Évidemment, cela
est très
important aussi, mais cela ne suffit pas, sans doute. Il faut
posséder la
documentation qui permettrait de se faire une idée d'un
spectacle joué
autrefois sur la scène, de son contenu, pour comprendre ce qu'il
était en tant
qu'une oeuvre d'art scénique, en quoi consistaient son
originalité artistique,
son style, quel était son thème intérieur Dans la
plupart des cas, il est très difficile, presque impossible de
saisir la
différence dans la solution intérieure de tel ou autre
spectacle d'après les
originaux conservés dans les musées. Et pourtant, pour
moi, c'est là
précisément le fond du problème. Avec
votre permission je vais citer un exemple. En son temps. j'ai
étudié les
réalisations scéniques des pièces de Shakespeare.
Je puis affirmer que je n'ai
pas trouvé deux spectacles identiques réalisés
d'après une même pièce de
Shakespeare, et pourtant ils avaient pour base une oeuvre écrite
par un grand
dramaturge comme Shakespeare, puissant révélateur des
passions humaines.
Hamlet, joué par des acteurs dans différents spectacles
était différent par son
caractère et jusqu'à son physique même qui
était souvent déterminé par le
contenu particulier donné par tel ou autre acteur à ce
personnage. Ou
encore le spectacle «Othello». Pour certains metteurs en
scène, c'était la
tragédie de la jalousie, pour d'autres la tragédie de la
confiance ; et
certains autres. considéraient comme thème principal le
combat singulier entre
Yago et Othello, l'intrigue infâme de Yago contre Othello.
C'étaient,
incontestablement, des spectacles différents par leur contenu,
malgré que les personnages
y étaient les mêmes. J'ajouterai
que ces spectacles caractérisaient éloquemment i
époque où ils étaient créés,
les tendances philosophiques et esthétiques de cette
époque. Les
historiens du théâtre ont pour objet de mettre en
lumière l'interprétation
originale d'oeuvres scéniques par différents acteurs et
metteurs en scène. Une
des tâches les plus actuelles des musées consiste à
les y aider. Si je
pousse plus loin mon exemple des réalisations scéniques
des pièces de
Shakespeare, il faut dire que je parvenais à reconstituer le
spectacle par son
contenu dans les cas où je trouvais dans les
bibliothèques l'exemplaire de la
pièce qui avait servi à jouer tel an autre spectacle de
Shakespeare, c'est à
dire son adaptation à la scène ou encore les souvenirs
des contemporains du
spectacle qu'ils avaient vu. La documentation authentique
conservée dans les
musées ajoutait peu à ces renseignements. Or, comme nous
l'avons déjà établi,
cette documentation est la source la plus objective qui permet au
chercheur de
tirer des conclusions par lui-même. Il est vrai que dans mas cas
il s'agissait
des périodes de l'histoire du théâtre où les
musées ne procédaient pas encore à
un rassemblement systématique de documents. Ils recevaient des
matériaux pour
la plupart occasionnels. précédemment
acquis par des amateurs et qui, par la suite, bien après,
étaient confiés aux
musées pour y être conservés. Pouvons-nous,
d'après la documentation des musées, rétablir le
contenu de tel ou autre
spectacle? Pas toujours, d'après moi. Et pourtant, maintenant
que la technique
a progressé et que nous disposons de différents moyens
techniques qui
amplifient les possibilités du collectionnement, nous pouvons le
faire beaucoup
plus complètement qu'avant. La muséologie s'est
placée sur le ferme terrain de
la science -nous possédons des ouvrages méthodiques
suffisamment développés et
détaillés qui comportent les principes du travail de
rassemblement. Je
pense que si les musées continuent de rassembler des objets,
somme toute,
homogènes -je parle des musées que j'ai eu l'occasion de
voir- il faut en
percevoir la cause aussi dans le fait qu'ils réunissent, pour
l'essentiel, des
matériaux sur les spectacles déjà joués et
devenus un fait de l'histoire du
théâtre. Or, le thème du spectacle, c'est à
dire son contenu, est déterminé
avant, au cours du travail préparatoire, lorsque la pièce
est mise en
répétition, dans la collectivité, par le metteur
en scène, le décorateur, le
compositeur, les acteurs. C'est alors, au cours des
répétitions, que surgitelle
ou autre manière d'interpréter la pièce, que
naît la forme du futur spectacle. Je suis
d'avis que les musées pourraient acquérir plus hardiment
la documentation
caractéristique de la période préparatoire du
travail au spectacle, tant qu'il
n'ait pas encore pris une forme définitive. Les
fonds des musées se seraient alors enrichis de documents plus
étoffés.
J'entends par là non pas tous les spectacles que l'on
prépare à être joués sur
les théâtres, loin de là, mais seulement ceux
auxquels travaillent des metteurs
en scène intéressants ou dans lesquels sont
occupés des acteurs de renom. Dans
ce cas, même si le spectacle n'a pas justifié les
espérances et n'est pas
devenu un fait marquant de la vie théâtrale contemporaine
- ce qui arrive assez
souvent - les musées conserveront les matériaux qui
s'avéreront utiles pour
retracer la carrière de ceux des gens du théâtre
qui aujourd'hui en sont les
précurseurs. Quels
sont ces documents? Je vais en citer quelques-uns 1.
L'exemplaire de la pièce dont s'est servi le metteur en
scène en travaillant à
la création du spectacle. Tout ce qu'il contient est
intéressant - les
annotations faites par le metteur en scène dans le texte, les
ratures et les
intervensions des épisodes, d'autres témoignages de son
travail. Au moyen de cet
exemplaire, on pourra voir le thème que le metteur en
scène a dégagé, ce qu'il
voulait obtenir des acteurs, quelles mises en scène il a
amorcées, et ainsi de
suite. (Il n'est pas nécessaire que ce soit l'exemplaire
authentique ayant
appartenu au metteur en scène. Il est peu probable qu'il voudra
s'en dessaisir.
Mais le musée pourra sans doute se procurer une copie.) 2.
Esquisses et dessins du décorateur-scénographe
réalisés dans ce processus de
travail. D'après eux on pourra se rendre compte de la formation
graduelle de
l'idée créatrice du décorateur et de la vision du
spectacle qui apparaissait
peu à peu. 3.
Autographes des acteurs - autographes oraux y compris,
enregistrés sur bande
magnétique, sur le travail des acteurs à leurs
créations scéniques; d'autres
matériaux caractérisant le processus du travail de
préparation du collectif au
spectacle. Je ne voudrais pas vous fatiguer en les
énumérant. Est-il
possible de se procurer cette documentation? Dans mon pays
-certainement, étant
donné que la plupart des musées des arts du spectacle y
fonctionnent auprès des
théâtres, et un rassemblement actif des documents depuis
le début du travail du
comité de lecture au nouveau spectacle, n'est pas un
problème pour le musée. J'ignore
si cela est possible dans les théâtres des pays d'Europe
et ailleurs dans le
monde où les théâtres à répertoire
sont peu nombreux et où les conditions de
production diffèrent de celles de mon pays. Mais,
humainement, j'imagine que les gens de théâtre peuvent
accueillir favorablement
l'idée de collectionner la documentation sur leur
activité, cette documentation
finissant par se perdre sans retour, en général, et qui
est un témoignage de
leur oeuvre. La participation d'un musée à ce travail
serait pour eux une
garantie de ce que les écrits rassemblés ne seraient pas
perdus, qu'ils
seraient conservés pour l'histoire. Le
musée trouvera toujours la forme et les moyens de rassembler des
documents de
ce genre, à condition, évidemment, qu'il juge cela utile
à son travail. Je
voudrais encore aborder une question concernant l'enrichissement des
fonds des
musées relatifs au théâtre contemporain. J'ai en
vue le rassemblement de
documents sur les spectacles déjà joués et devenus
le fait de l'histoire du
théâtre contemporain. A
présent que de nouveaux moyens techniques - le cinéma et
la vidéo-cassette,
l'enregistrement du son sur bande magnétique - connaissent une
si large
extension, je trouve que l'on doit s'en servir plus
énergiquement comme moyen
de collectionnement. URL:
http://www.theatrelibrary.org/sibmas/congresses/sibmas78/barcelona_1978-13.html
02/09/04 Information about this site: Maria Teresa Iovinelli, Secretary General |