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Comment conserver la mémoire de l'expression dramatique dans l'art de la danse?

Divers types de source documentaires

Marie Françoise Christout (Paris)


Documentation et Art de l'Acteur
Records and Images of the Art of the Performer

18ème Congrès International, Stockholm 3-7 septembre 1990
18th International Congress, Stockholm 3-7 September 1990
Editor: Barbro Stribolt (Drottningholms Teatermuseum). Stockholm : 1992, p. 23-27


A la fin du XXème siècle, on observe de nombreuses interinfluences entre les arts du spectacle: théâtre dramatique ou lyrique, mime et danse.
A l'instigation de novateurs tels Gordon Craig ou Jacques Copeau, le comédien doit désormais développer sa faculté d'expression corporelle. Mais, de son côté, comme le réclamait jadis Noverre et plus encore, aujourd'hui, les chorégraphes contemporains, le danseur doit souvent acquérir une expérience de comédien.
Citons, en France, Jean-Louis Barrault, Geneviève Casile, Leslie Caron, Jean Babilée, Michael Denard, Eric Vu An. Cocteau a souhaité jadis confier la création du rôle d'Oedipe dans La Machine Infernale à Serge Lifar qui règle à l'Opéra Fourberies d'après Molière tandis que Maurice Béjart fait danser Robert Hirsch métamorphosé en Molière imaginaire et met en scène, toujours à la Comédie Française, Les plaisirs de l'Ile Enchantée.
John Neumeïer vient de transposer de façon exemplaire à Hambourg Peer Gynt, version chorégraphique de chef d'oeuvre d'Ibsen et Jiry Kylian, entre autres, a fait jouer à sa compagnie, le Nederlands Dans Ballet, L'Histoire du Soldat de Ramuz et Stravinsky. Le chorégraphe Jérôme Robbins triomphe à New-York dans une rétrospective de ses comédies musicales. En fait, cette tendance contemporaine répond aux mêmes exigences de jeu qui firent surgir jadis des genres aussi divers que le nô, le Kabuki nippons, la commedia dell'arte, la comédie-ballet puis le ballet d'action.
Elle exige des interprètes aptes à exprimer 1'action, à exploiter toutes les possibilités corporelles, vocales ou plastique. Certes, dans la personnalité scénique du danseur le jeu expressif peut tenir une place importante, éclipsant éventuellement aux yeux du profanes la pure technique.
Dans le souvenir qu'il laisse des influences inimitables prédominent parfois: souplesse féline et volupté de Nijinsky dans Schéhérazade de Michel Fokine, sourire vorace et frémissement sensuel des hanches et des épaules de Zizi Jeanmaire dans Carmen de Roland Petit, désinvolture décontractée et gouailleuse de Baryschnikov dans Push Come To Show de Twyla Tharp, impertinence ironique, ambition déçue d'Ivan Liska dans Peer Gynt de John Neumeïer. Ces exemples récents sont faciles à mémoriser. Dès que l'on plonge dans le passé, les problèmes de références se posent. Sur quoi peut-on se fonder lorsqu'on tente d'évoquer le jeu plastique et totalement individuel de tel ou tel artiste?
Sans doute divers systèmes de notation ont été élaborés et permettent d'enregistrer la chorégraphie.
Ils ne peuvent restituer ni le style de chaque chorégraphe qui n'est transmissible que par la tradition orale sujette du reste à altération, ni au jeu propre à chaque danseur dans un rôle donné, qu'il s'agisse d'une création ou de la reprise d'un ouvrage du répertoire, même s'il est aussi connu que La Sylphide ou Le lac des cygnes.
Pourtant, on ne cesse de rendre hommage à des artistes comme Taglioni, Nijinsky. On tente de confronter les interprétations des chefs d'oeuvre. Sur quelles sources peut-on se fonder avec une certitude relative en ce domaine du non-dit et de l'éphémère? Quelles réflexions suggère cette problématique? La méthode la plus sûre est de procéder de façon expérimentale à partir de quelques exemples. Ainsi prend-on mieux conscience des ressources qu'il est possible aux bibliothèques-musées de mettre à la disposition des chercheurs ou des artistes soucieux de découvrir les secrets de leurs aînés afin de se situer par rapport à eux.
Dessins de costumes, peintures, portraits, gravures, relations manuscrites ou imprimées ne rendent guère l'image de jeu dans le ballet du XVIIème siècle en Europe.
Mais un événement important dans l'histoire de l'expression chorégraphique de situations dramatiques se situe en 1714 lors de la 14ème Nuit de Sceaux ordonnée par la duchesse du Maine. A la fin de l'intermède lyrique d'Apollon et ses Muses, musique de Mouret, est exécutée, en effet, une "danse caractérisée" de Camille et d'Horace d'après la tragédie de Corneille.
Nulle image n'est restée de ce spectacle unique. On peut seulement consulter l'ouvrage Réflexions critiques de l'abbé du Bos qui affirmera que les deux interprètes, François Prévost et Jean Ballon brandissant un poignard, "s'animèrent si bien réciproquement par leurs gestes et leurs démarches où il n'y avait point de pas de danse trop marqué qu'ils en vinrent jusqu'à verser des larmes", fait d'autant plus rare qu'à l'époque les hommes portaient habituellement des masques pour danser. Cet événement frappe tour à tour l'historien Cahuzac puis Noverre. Ce dernier s'en inspire même pour régler Les Horaces à Vienne en 1774 puis à Paris en 1777 avec dans les rôles principaux Mlle Hinel et Gaétan Vestris, ballet dont ne reste nulle trace iconographique.
En ce qui concerne Marie Sallé qui fut comparée à sa contemporaine la tragédienne Adrienne Lecouvreur l'iconographie fait encore défaut.
Le célèbre tableau de Lancret et le pastel moins connu de la Tour ne restituent que l'élégance naturelle et le charme délicat de la ballerine. Il faut donc se fonder pour apprécier son jeu sur les indications puisées dans Le Mercure de France.
Grâce à celui-ci, on sait notamment comment l'illustre élève de Françoise Prévost, issue du Théâtre de la Foire où elle débuta, surprit en 1729 le public de l'Opéra en interprétant en habit de ville avec le danseur Laval la symphonie de Rebel: Les caractères de la danse, passant avec une extrême sensibilité d'un sentiment à l'autre.
Cinq ans plus tard elle incarne à Londres Ariane délaissée, communiquant au public par sa seule gestuelle "les expressions et les sentiments de la douleur la plus profonde, du désespoir, de la fureur, de l'abattement". En 1735, elle incarne à l'Opéra de Paris, dans l'acte des Fleurs des Indes galantes de Rameau, la rose résistant aux assauts brutaux de Borée et ranimée par la tendresse de Zéphyr qu'interprète David Dumoulin. Noverre dépeindra ce dernier dans ses Lettres en ces termes évocateurs: "un instant inconstant, un autre instant fidèle, toujours animé par un sentiment nouveau, il rendait avec volupté tous les tableaux de la tendresse dans les pas des deux".
Si de nombreux témoignages imprimés attestent l'importance accordée par Noverre au jeu dramatique de ses interprètes, nous n'en trouvons d'autre trace iconographique que la célèbre gravure de Médée et Jason publiée à Londres par John Boydell lors d'une reprise en 1781 par Gaétan Vestris, créateur du rôle en 1763 à Stuttgart puis en 1770 à Paris. Bien que très caricaturale, selon la mode anglaise du temps, celle-ci reflète bien le climat pathétique cherché par le chorégraphe que Voltaire nomme le "Garrick de la danse".
Critique généralement acerbe, Grimm déclare dans sa correspondance littéraire en 1778 que Marie-Madeleine Guimard a interprété le rôle de Nicette dans La Chercheuse d'esprit, ballet-pantomime de Maximilien Gardel, avec "une gradation de nuances si fine, si juste, si délicate, si piquante que la poésie la plus ingénieuse ne saurait tendre les mêmes caractères avec plus d'esprit, de délicatesse, de vérité. Comme sa simplicité est naïve sans être niaise. Comme sa grâce naturelle se cache sans affectation, se développe par degrés et plaît sans se presser de plaire".
Le peintre Pierre Leleu la dessine un an plus tard en 1779 aux côtés de Jean Dauberval et Marie Allard dans un pas de troi allègre. La gravure restitue bien l'entrain et la spontanéité joyeuse des danseurs tandis que Janinet publiant la gravure des Annales des Grands Théâtres de Paris souligne comment dans le rôle de Mélite du Premier Navigateur, ballet de Maximilien Gardel, "la Guimard exprime avec finesse le pressentiment du proche retour de son amoureux alors que son absence la désespérait".
Demeuré illustre pour ses qualités de virtuose, Auguste Vestris a été cependant défini par Noverre comme le "Protée de la danse". En effet, après avoir interprété le rôle d'Amour dans Endymion en 1773, il fait le 27 septembre 1816 à cinquante-six ans ses adieux à la scène en incarnant Le fils prodigue, ballet de Pierre Gardel.
La gravure de Prud'hon malgré son académisme traduit l'intensité dramatique proche de celle des tragédiens contemporains tel Talma et justifie les louanges des critiques habituellement acerbes à son égard. Figure légendaire, Marie Taglioni incarne l'essence de la poésie romantique? Que reste-t-il de son jeu dans Le Dieu et la Bayadère ou dans La Sylphide? Dans le premier rôle, Théophile Gautier souligne les difficultés dont elle triomphe, danseuse muette au milieu de chanteurs: "Par toutes sortes de jeux de physionomie expressifs et touchants, elle s'attache à l'action". D'autre part, Alfred Châlon lui consacre à l'occasion de ses adieux dans La Sylphide en 1845 un album de lithographies publiées à Londres et à Paris qui évoquent justement comment elle passe de la coquetterie mutine à la rêverie amoureuse, du charme virginal au badinage
candide puis à la mortelle mélancolie. Même dans le salut final elle conserve une chasteté immatérielle.
Sur un tout autre registre, la ballerine Fanny Elssler qui triomphe dans la cachucha du Diable boiteux et la cracovienne de La Gypsy, s'élève selon Théophile Gautier: "aux plus sublimes hauteurs de l'art tragique: noble fierté de l'innocence, énergie, larmes, douleur, amour, enivrement de joie". Elle égale, rapprochement caractéristique, la comédienne Marie Dorval.
Prodigieux danseur vite évincé par les ballerines jalouses, Jules Perrot, leur contemporain, demeure le plus grand chorégraphe de son temps. Il est aussi un danseur très expressif. A quinze ans il débute au Théâtre de la Gaîté dans le ballet-pantomime Sapajou ou le Naufrage des Singes construisant son interprétation en observant le comportement des singes au Jardin des Plantes.
Grâce à son triomphe simiesque aux théâtres de la Gaîté puis de la Porte Saint-Martin, il a fréquenté Frédérick Lemaître et Marie Dorval tout en travaillant avec Auguste Vestris aux cotés d'Auguste Bournonville.
Dans ses Mémoires le maître du ballet danois évoque leur commun apprentissage et décrit Perrot comme une sorte de zéphyr aux ailes de chauve-souris dont la légèreté et la vivacité dérobent au public les défauts du visage ingrat. Hostile à la danse masculine, Théophile Gautier admire les attaches très fines de ses genoux et de ses chevilles ainsi que l'intelligence de sa mimique, le caractère viril et audacieux du Zingaro. Une lithographie très originale signée par Alexandre Lacauchie confirme le compte-rendu critique et représente le danseur vêtu par Gavarni de façon pittoresque.
Sa main droite s'apprête à tirer son poignard, sa bouche et son regard sont empreints d'audace dédaigneuse.
Par contre, la gravure no. 1376 de la série Martinet-Hautecoeur précieuse sur le plan documentaire ne restitue nullement l'intensité tragique du danseur qu'une lithographie anglaise de John Brandard montre fascinant d'un regard magnétique Lucile Grahn dans la mazurka d'extase d'Eoline ou la dryade en 1845. Perrot déploie sans doute cette autorité démoniaque dans son Faust dont une rare lithographie de Sürch évoque son disciple Gustave Carey reprenant son rôle de Méphistophélès tentateur.
Comme l'observe Eugène Riffault dans La Galerie des artistes dramatiques, Perrot "est un homme qui agit et s'exprime par la danse".
On pourrait dire la même chose de Vaslav Nijinsky qui bénéficie d'un exceptionnel pouvoir de métamorphose et peut donc aborder tous les rôles nobles ou de caractère. Bien que la carrière du danseur ait été très brève, les documents abondent qu'ils soient de nature graphique ou iconographique. Il faut toutefois tenir compte de la personnalité du témoin: écrivain, peintre, sculpteur ou photographe.
De l'aveu de sa soeur Bronislava Nijinska, Vaslav Nijinsky a préféré fréquenter les élèves de l'Ecole d'art dramatique plutôt que ses condisciples de l'Ecole impériale de Ballet de Saint-Pétersbourg, attirance révélatrice chez ce virtuose pour la science de l'acteur.
Aussi le critique russe Svetlov apprécie-t-il dès 1906 la justesse de son jeu dans le rôle du petit paysan Colas, amoureux de La Fille mal gardée réglé par Marius Petipa d'après le chef d'oeuvre de Dauberval créé en 1789.
Dans ses mémoires le décorateur Alexandre Benois le décrit d'abord inquiet et capricieux puis habité progressivement par ses divers rôles alors qu'il se prépare minutieusement dans sa loge et en coulisses. Au terme d'un travail obstiné qui semble subconscient, il se métamorphose ainsi totalement selon les personnages auxquels il donne sa chair et sa vie sans nulle réserve.
Michel Fokine qui règle pour lui ses principales chorégraphies l'observe par exemple maquillé gris-bleu et vêtu du pantalon lamé de l'esclave d'or de Schéhérazade "à demi-humain, à demi-animal, doué d'une vitalité lascive".
Jean Cocteau le voit ici-même "imprévu comme un tigre", titubant de joie, poussant "des cris muets de tout son visage sombre que les dents claires illuminent", et le poète conclut: "je ne crois pas connaître de spectacle plus tragique, plus simplement épouvantable que l'expression de ce danseur lorsqu'il regarde le fer luire et s'abattre".
Certes, les gravures de Dunoyer de Segonzac, Barbier, Kainer, Iribe, les photos de Bert restituent l'extase féline, la sensualité androgyne qui frappent la critique en 1910. Celle prise à New York par le comte de Strelecki en 1916 marquent une évolution dans l'interprétation, reflet de l'angoisse décrite par Cocteau, prémice de folie.
A propos de prise de vue, il faut signaler que devant les photographes conviés par Diaghilew sur le plateau et non en studio, Nijinsky parvient, lors des séances de pose, à se concentrer totalement et restitue son interprétation de l'action à tel ou tel moment précis du ballet, phénomène d'imprégnation totale dont les comédiens à l'époque ne sont pas souvent capables.
Sans doute la danse qui exige une maîtrise corporelle absolue facilite-t-elle le phénomène, sans suffire à l'expliquer.
Nijinsky a le pouvoir de restituer l'étrangeté énigmatique des Orientales et celle du Dieu bleu charmant les monstres, comme en témoignent de très nombreux documents iconographiques de Jaques-Emile Blanche, Léon Bakst, Van Algi Saanen, photographies de Deruet. Mais il ne se définit pas par l'exotisme.
Dans Carnaval, il est Arlequin surgi de la commedia dell'arte, gambadant comme le montrent les dessins de Bourdelle, de Valentine Gross qui le regarde bougeant sa tête coiffée et masquée de noir "de droite à gauche si vite qu'on ne la voyait presque plus cependant qu'il déchirait un certain billet avec une rapidité d'insecte".
Spectatrice assidue, Valentine Gross a capté d'un crayon incisif les attitudes les plus significatives de Nijinsky permettant de restituer toutes les subtilités de sa gestuelle dramatique.
Pour sa part, le sculpteur Charpentier-Mio l'a saisi sur le vif envoûtant Tamara Karsavina ou s'élançant par la fenêtre dans Le Spectre de la Rose dont Anna de Noailles déclarait que le danseur n'y était pas humain, que "c'était vraiment l'ombre de la rose, du vertige, du songe et du sommeil".
Cet esprit éthéré qui a subjugué le public en masquant totalement l'effort musculaire épuisant, croqué cruellement en coulisse par Jean Cocteau, est capable cette même saison 1911 de se transformer en Petrouchka, marionnette pitoyable, tour à tour comme une poupée de son et raide comme un pantin de bois. Les photographies plus que les dessins de Barbier et de Kainer restituent de la vitalité paradoxale que Nijinsky prête au personnage. Impassible, visage blême dont seuls yeux, narines, sourcils zigzaguant sont cernés de noir, il laisse brusquement tomber sa tête sur l'épaule; bras et jambes raidis se détendent spasmodiquement tandis que le regard traduit la passion secrète, la crainte, la haine, le désespoir. En fait, les témoignages de toutes sortes surabondent lors de sa création en 1912 du Prélude à l'après-midi d'un faune.
Si, notamment l'extraordinaire suite de photos prises en studio par le baron de Meyer capte le détail de cette interprétation scandaleuse pour certains, Bourdelle en capte les moment-clés, Auguste Rodin tente de couler dans le bronze la fulgurante dynamique de Nijinsky et affirme dans Le Matin: "Entre la mimique et la plastique l'accord est absolu, le corps tout entier signifie ce que veut l'esprit, il atteint au caractère à force de rendre pleinement le sentiment qui l'anime".
La diversité, la multiplicité des supports documentaires font de Nijinsky un cas d'autant plus exemplaire que l'artiste développe des dons de métamorphose exceptionnels.
On pourrait évidemment poursuivre cette analyse en évoquant les dons expressifs d'autres de ses successeurs tel Serge Lifar qui se plut à interpréter aussi bien de rôles héroïques de Prométhée, Icare, Le Chevalier errant/Don Quichotte que comiques dans Pulcinella ou Guignol et Pandore. Intégrant étroitement jeu dramatique et danse, Lifar a aussi laissé un souvenir mémorable dans son entrée de l'acte II de la romantique Giselle. Photos, dessins dus notamment à Monique Lancelot, Charchoun, Maillol, Tchelitchew... témoignent auprès des écrivains.
Cette enquête elliptique permet de conclure en tirant la leçon pragmatique. La conservation de la mémoire du jeu expressif du danseur pose une problématique particulièrement complexe.
Nous n'en avons trace qu'à partir du XVIIIème siècle essentiellement à travers le journal, le livre. Les témoignages écrits concourent toujours jusqu'à présent de façon notable à une meilleure connaissance en permettant la confrontation de points de vue divers. Certes les sources iconographiques s'accroissent au fil des ans et deviennent de plus en plus fiables, à condition bien entendu, de les analyser méthodiquement et non selon le critère esthétique. Certains documents médiocres peuvent être plus intéressants que d'autres. Désormais le film et la vidéo, moins fiable, apportent aujourd'hui une contribution apte à restituer la continuité du mouvement expressif. Encore est-il nécessaire qu'ils résultent d'une étroite connivence entre réalisateurs, danseurs, chorégraphes.
S'il est impossible aux plus importantes bibliothèques-musées, vidéothèques spécialisées de rassembler une documentation éparse, une étroite collaboration doit impérativement s'instituer entre elles. Des contacts doivent être pris avec les artistes, les théâtres, les collections publiques ou privées, les chaînes de télévision et organismes culturels afin que l'information circule et que tous les moyens soient mis en oeuvre pour préserver ce patrimoine international que nulle barrière linguistique n'entrave et dont la fragilité fait le prix: la mémoire du jeu expressif du danseur.


18th Congress

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Last modified: November 21, 2000